Un bébé enrhumé ne vit pas le même calvaire qu’un adulte qui mouche et éternue à la chaîne. Face au rhume, tout le corps d’un tout-petit réagit différemment, ses symptômes prennent une autre tournure, et la vigilance des parents doit redoubler. Ce qui passe pour un simple désagrément chez les grands peut tourner au casse-tête, voire à l’inquiétude, chez les plus jeunes. Alors, comment distinguer le banal du préoccupant quand il s’agit d’un bébé ?
- Présentation
- Les causes
- Symptômes
- Quand aller chez le médecin
- complications
- Diagnostic
- Soins et remèdes
- Prévention
- Sources et bibliographie
Présentation
La rhinite vasomotrice, que l’on nomme aussi rhinite non allergique, se manifeste par un trio bien connu : nez bouché, écoulement nasal et éternuements à répétition. Aucun allergène en cause, pourtant les symptômes s’installent et persistent.
Enfants comme adultes peuvent être concernés, même si les chiffres montrent une nette hausse après 20 ans. Pour parler de rhinite vasomotrice, il faut d’abord exclure la piste allergique, ce qui implique des tests cutanés et sanguins. Cette affection ne met pas la santé en péril, mais elle s’invite dans le quotidien et peut devenir pénible pour ceux qui en souffrent. Ici, pas de traitement définitif : on cherche surtout à apaiser les symptômes et à limiter leur fréquence.
iStock.com/MarsBars
Les causes
On ignore encore ce qui déclenche précisément la rhinite vasomotrice. Cependant, les médecins observent chez les patients un gonflement des vaisseaux du nez, ce qui provoque une accumulation de sang et de liquides et irrite la muqueuse nasale. Plusieurs éléments, souvent présents dans notre environnement, peuvent favoriser l’apparition des symptômes :
- Irritants de l’air ou du lieu de travail :
- poussières,
- pollution urbaine,
- fumée de tabac,
- odeurs fortes,
- substances chimiques rencontrées sur certains postes professionnels,
- Variations de climat :
- changement soudain de température ou d’humidité,
- Alimentation et boissons :
- plats très chauds ou épicés,
- consommation excessive d’alcool,
- Prise de certains médicaments :
- aspirine,
- ibuprofène,
- inhibiteurs de l’ECA,
- bêta-bloquants,
- antidépresseurs,
- contraceptifs oraux,
- traitements de la dysfonction érectile,
- usage trop fréquent de sprays nasaux décongestionnants,
- Bouleversements hormonaux :
- grossesse,
- règles,
- hypothyroïdie,
- Autres pathologies :
- apnées du sommeil,
- reflux gastro-œsophagien,
- autres causes à explorer,
Symptômes
La rhinite vasomotrice s’impose bien souvent toute l’année. Voici les signes les plus fréquemment rapportés :
- nez bouché
- écoulement nasal clair
- éternuements fréquents
- gorge prise par le mucus
- toux occasionnelle
- perte partielle ou totale de l’odorat
Contrairement à la rhinite allergique, on ne retrouve pas de démangeaisons au niveau du nez, des yeux ou de la gorge. Autre particularité : il arrive que des croûtes se forment dans le nez, ce qui peut entraîner une odeur inhabituelle, voire des saignements si l’on tente de les retirer.
Quand aller chez le médecin
Un avis médical s’impose si les symptômes :
- ne s’améliorent pas malgré les traitements courants ou les solutions naturelles,
- deviennent très gênants, s’aggravent ou perturbent la vie de tous les jours.
complications
La rhinite vasomotrice peut entraîner diverses conséquences gênantes :
- Polypes nasaux : excroissances bénignes qui se développent sur la muqueuse du nez ou des sinus, souvent liées à une inflammation prolongée. Les petits polypes passent parfois inaperçus, les plus volumineux gênent la respiration et peuvent obstruer le passage de l’air.
- Sinusite : un nez bouché de façon chronique favorise l’inflammation des sinus.
- Infections de l’oreille moyenne : elles peuvent survenir en lien avec une congestion nasale persistante et l’augmentation des sécrétions.
- Troubles du sommeil : une mauvaise respiration nocturne fatigue, irrite et nuit à la récupération.
- Gêne dans les activités quotidiennes : la qualité de vie s’en ressent, avec parfois une baisse de concentration à l’école ou au travail.
Diagnostic
Le diagnostic de la rhinite vasomotrice repose d’abord sur l’écoute attentive des symptômes, puis sur des examens pour écarter d’autres causes, notamment l’allergie. Un interrogatoire détaillé est primordial, suivi d’une observation du nez et de la gorge.
Diagnostic différentiel
Les symptômes de la rhinite peuvent recouvrir plusieurs réalités, d’où la nécessité de distinguer une cause allergique. Deux types de tests sont habituellement pratiqués :
- Test cutané (prick-test) : on dépose différentes gouttes d’allergènes sur l’avant-bras, puis on pique la peau en surface. Si, après un quart d’heure, une petite boursouflure rouge de plus de 3 mm apparaît à l’endroit d’un allergène, la réaction est positive. Sinon, la peau reste calme.
- Analyses sanguines : elles permettent de doser les anticorps IgE, spécifiques des allergies.
En cas de doute sur une anomalie anatomique (cloison nasale déviée, polypes…), d’autres examens peuvent s’avérer utiles :
- Endoscopie nasale : exploration indolore réalisée au cabinet à l’aide d’un petit tube muni d’une caméra.
- Scanner des sinus : réservé aux situations complexes, notamment si l’endoscopie a révélé une anomalie.
Soins et remèdes
Le choix du traitement dépendra surtout de l’intensité des symptômes. Pour les formes modérées, éviter les déclencheurs et nettoyer le nez avec une solution saline suffit souvent à améliorer le confort et à réduire l’inflammation. Si cela ne suffit pas, certains médicaments peuvent aider :
- Sprays nasaux à base de corticoïdes (fluticasone, triamcinolone…)
- Sprays antihistaminiques nasaux : efficaces même si la rhinite n’est pas allergique, contrairement aux comprimés antihistaminiques
- Sprays anticholinergiques (ipratropium), utilisés également dans l’asthme
- Sprays décongestionnants, à utiliser avec parcimonie
Les sprays décongestionnants, bien que très efficaces à court terme, ne devraient pas être utilisés plus de 5 à 6 jours pour éviter un effet rebond et des complications. Les sprays à la cortisone sont mieux tolérés sur la durée, car ils restent localisés et ne provoquent pas d’effets indésirables généraux. Si une anomalie du nez (cloison déviée, polypes) persiste malgré le traitement, la chirurgie peut être envisagée.
Prévention
Prévenir l’apparition d’une rhinite vasomotrice n’est pas possible à ce jour, mais il existe des gestes simples pour en atténuer les conséquences et mieux vivre avec :
- Repérer les substances ou situations qui déclenchent les symptômes et les éviter quand c’est possible
- Boire régulièrement pour aider le mucus à s’évacuer et fluidifier les sécrétions
- Maintenir un air suffisamment humide dans les pièces de vie
- Utiliser des lavages nasaux fréquents avec une solution saline
- Éviter la fumée de tabac, même indirecte
- Limiter la consommation d’alcool et de caféine
- Garder un air intérieur humide, car l’air sec aggrave l’irritation du nez et de la gorge
- Limiter l’usage des sprays décongestionnants pour ne pas aggraver la situation
Sources et bibliographie
- Rhinite non allergique, Mayo Clinic
- Rhinite non allergique, WebMD
- Rhinite non allergique, AAAA
- Rhinite chronique non allergique, American Family Physician
Par le Dr Francesco Netto, chirurgien


