Rhume ou rhinite : comment faire la différence facilement

Un nez qui coule ne fait pas la différence entre le lundi matin dans le métro et un rendez-vous de fin d’après-midi. Entre le rhume et la rhinite, la confusion règne, et les mouchoirs s’empilent. Pourtant, derrière ces symptômes en apparence banals, deux réalités se cachent : la première passagère, la seconde plus insidieuse, parfois chronique. Distinguer l’une de l’autre, c’est déjà mieux respirer au quotidien.

  • Présentation
  • Les causes
  • Symptômes
  • Quand aller chez le médecin
  • complications
  • Diagnostic
  • Soins et remèdes
  • Prévention
  • Sources et bibliographie

Présentation

La rhinite vasomotrice, que l’on rencontre aussi sous le nom de rhinite non allergique, se traduit par un trio bien connu : congestion nasale persistante, écoulement qui ne dit jamais son nom, éternuements à répétition. Aucun allergène en cause, aucune infection évidente pour expliquer ces désagréments.

  • congestion nasale (nez bouché),
  • rhinorrhée (écoulement nasal),
  • éternuements récurrents

La maladie ne choisit ni l’enfance ni l’âge adulte : tout le monde peut y goûter, même si le risque grimpe après 20 ans. Le diagnostic tombe après avoir éliminé l’hypothèse allergique, ce qui implique tests cutanés et bilans sanguins. Si la rhinite vasomotrice ne met pas la santé en péril, elle pèse sur la vie de tous les jours : pas de solution définitive, le traitement se limite à réduire les symptômes et tenter de les prévenir.

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Les causes

Impossible d’identifier une origine unique à ce trouble. Ce qu’on observe, c’est une dilatation des vaisseaux sanguins dans le nez : le sang et les liquides s’accumulent, la muqueuse s’irrite, l’inflammation s’installe. Plusieurs facteurs déclenchants ont été repérés chez les patients concernés.

Voici les éléments les plus souvent incriminés dans l’apparition des symptômes :

  • irritants environnementaux ou professionnels :
    • poussière,
    • smog,
    • tabagisme passif,
    • odeurs fortes,
    • substances chimiques sur le lieu de travail,
  • changements climatiques :
    • variation brutale de température ou d’humidité,
  • alimentation ou boisson :
    • aliments chauds ou épicés,
    • prise excessive d’alcool,
  • certains médicaments :
    • aspirine,
    • ibuprofène,
    • inhibiteurs de l’ECA,
    • bêta-bloquants,
    • antidépresseurs,
    • contraceptifs oraux,
    • traitements pour les troubles de l’érection,
    • abus de sprays nasaux décongestionnants,
  • modifications hormonales :
    • grossesse,
    • règles,
    • hypothyroïdie,
  • autres maladies :
    • apnée du sommeil,
    • reflux gastro-œsophagien,

Symptômes

La rhinite vasomotrice ne prend pas de vacances : les troubles persistent toute l’année. Parmi les signes les plus observés, on retrouve :

  • nez bouché,
  • écoulement nasal,
  • éternuements fréquents,
  • catarrhe dans la gorge,
  • toux,
  • diminution ou perte de l’odorat (anosmie),

Contrairement à la rhinite allergique, les démangeaisons du nez, des yeux ou de la gorge sont absentes. De façon exceptionnelle, des croûtes peuvent se former à l’intérieur du nez et entraîner une odeur incommodante, ou même provoquer un saignement si on tente de les retirer.

Quand aller chez le médecin

Demander l’avis d’un professionnel de santé s’impose si les symptômes :

  • résistent aux solutions naturelles ou aux médicaments disponibles sans ordonnance,
  • s’aggravent, deviennent handicapants ou s’installent durablement.

complications

La rhinite vasomotrice n’est pas toujours anodine. Voici les complications possibles à surveiller :

  • Polypes nasaux : excroissances bénignes qui se développent dans la muqueuse du nez ou des sinus, souvent à cause d’une inflammation chronique. Les petits polypes passent inaperçus, mais les plus volumineux peuvent gêner la respiration.
  • Sinusite : la congestion prolongée du nez favorise l’inflammation des sinus paranasaux.
  • Infections de l’oreille moyenne : conséquence possible de l’augmentation de la congestion nasale.
  • Troubles du sommeil : la gêne respiratoire altère la qualité du repos, entraînant fatigue et irritabilité en journée.
  • Répercussions sur les activités quotidiennes.

Diagnostic

Le diagnostic s’appuie sur la description précise des symptômes et sur l’exclusion d’autres causes, allergies comprises. L’interrogatoire médical et l’examen clinique restent des étapes incontournables.

Diagnostic différentiel

Souvent, les symptômes de la rhinite font penser à une allergie. Pour faire la part des choses, plusieurs examens peuvent être réalisés :

  • test cutané (prick-test) : plusieurs gouttes de substances allergènes sont déposées sur la peau de l’avant-bras, puis introduites superficiellement à l’aide de petites aiguilles. Si une papule rouge et enflée apparaît après 15 à 20 minutes (d’au moins 3 mm), le test est dit positif ; sinon, la peau reste normale.
  • analyses sanguines : dosage des IgE spécifiques pour détecter une éventuelle réaction allergique.

Si besoin, on cherche aussi à exclure des problèmes touchant les sinus, comme une déviation de la cloison nasale ou la présence de polypes, en recourant à :

  • l’endoscopie nasale : examen rapide et non douloureux pratiqué au cabinet médical à l’aide d’un endoscope,
  • le scanner (CT) : réservé aux situations où l’endoscopie révèle une anomalie nécessitant des précisions.

Soins et remèdes

La stratégie de prise en charge dépend du niveau de gêne. En cas de symptômes modérés, éviter les éléments déclenchants et réaliser des lavages nasaux au sérum physiologique peuvent suffire à alléger l’inconfort et à fluidifier le mucus.

Pour les troubles persistants ou plus marqués, certains traitements apportent un soulagement réel :

  • sprays nasaux à base de corticoïdes, comme la fluticasone ou la triamcinolone,
  • sprays antihistaminiques pour le nez (les comprimés d’antihistaminiques n’ont pas montré d’efficacité dans cette indication),
  • sprays anticholinergiques, notamment à base d’ipratropium (souvent utilisé aussi pour l’asthme),
  • sprays décongestionnants pour limiter l’obstruction nasale.

Prudence toutefois : les sprays décongestionnants sont très efficaces mais leur utilisation doit rester ponctuelle (5 à 6 jours maximum), sous peine de voir les symptômes empirer ou d’exposer à des effets secondaires. Les sprays à la cortisone, eux, peuvent être utilisés sur de plus longues périodes, car l’absorption dans l’organisme est quasi nulle et les risques restent limités.

Si une déviation de la cloison nasale ou des polypes persistants sont en cause, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire.

Prévention

On ne sait pas empêcher l’apparition de la rhinite vasomotrice, mais il reste possible d’atténuer le quotidien en adoptant quelques réflexes :

  • identifier et limiter l’exposition aux éléments qui aggravent les symptômes,
  • boire suffisamment pour favoriser l’élimination du mucus et soulager les sinus,
  • humidifier l’air ambiant,
  • pratiquer régulièrement des lavages de nez au sérum physiologique,
  • éviter le tabac et la fumée secondaire,
  • limiter la consommation d’alcool et de caféine,
  • préserver une hygrométrie correcte (l’air sec accentue l’irritation du nez et de la gorge, augmentant la production de mucus),
  • modérer l’usage des sprays décongestionnants pour éviter le cercle vicieux des symptômes persistants.

Sources et bibliographie

  • Rhinite non allergique, Mayo Clinic
  • Rhinite non allergique, WebMD
  • Rhinite non allergique, AAAA
  • Rhinite chronique non allergique, American Family Physician

Par le Dr Francesco Netto, chirurgien

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