Les bonnes raisons de choisir les forceps lors d’un accouchement

Un bébé peut naître de deux façons, à travers une césarienne ou d’une manière basse. Cependant, si les obstétriciens le jugent nécessaire, ils peuvent utiliser certains instruments d’aspiration, tels que les pinces, les spatules et la ventouse, pour obtenir un faible apport. Avez-vous déjà entendu parler de ces méthodes ? Dans cet article, vous apprendrez plus sur ces techniques, leur fonctionnement et les situations où l’extraction instrumentale est recommandée. Mais soyez prudent si vous ne paniquez pas, seulement 13 -15% des livraisons faibles devront y recourir, et ce n’est pas synonyme de catastrophe du tout. Mise à jour sur les malentendus avec le Dr Marc-Alain Rozan, gynécologue.

Pinces obstétricales : fonctionnement et usage

Les pinces, instruments métalliques composés de deux lames courbées, sont conçues pour épouser la forme de la tête du bébé et du bassin maternel. D’un côté, on trouve les poignées ; de l’autre, les fameuses « cuillères ». L’obstétricien les insère délicatement dans le vagin, positionne les cuillères autour des tempes du bébé et accompagne, en douceur, la sortie du nouveau-né, contraction après contraction, pendant que la mère pousse.

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Dans quelles situations utilise-t-on les pinces ?

Voici les principales indications qui amènent les soignants à recourir à cet outil :

  • Lorsque la phase d’expulsion s’éternise, souvent à cause de l’épuisement maternel ou d’une inefficacité des efforts de poussée, et qu’un signe de souffrance fœtale apparaît.
  • En cas de présentation par le siège, la pince sert parfois à protéger la tête du bébé, qui sort en dernier.
  • Si, en présentation céphalique, le bébé ne progresse plus dans le canal de naissance et montre des signes de détresse.
  • Quand la mère ne peut pas pousser, suite à une anesthésie péridurale ou par fatigue, ou à cause de contractions peu efficaces.

Le bébé souffre-t-il d’une extraction aux forceps ?

Lorsque l’extraction est réalisée dans les règles de l’art, le bébé n’en ressent pas de douleur. En revanche, si une pathologie du crâne est présente ou que la sortie reste difficile malgré tout, l’enfant peut éprouver une gêne. Une surveillance attentive s’impose après coup.

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Et côté mère, que ressent-on ?

Généralement, la pose de forceps se fait sous anesthésie péridurale ou locale, souvent avec épisiotomie. Mais, selon les recherches, il faut éviter de généraliser cette incision, surtout si la femme a déjà accouché par voie basse. L’épisiotomie tend à protéger des lésions sévères du sphincter anal chez les primipares. Les forceps affichent un taux de complications inférieur à celui d’une césarienne, mais ils comportent tout de même certains risques, tant pour la mère que pour l’enfant.

Voici les suites possibles à connaître :

  • Risque accru de déchirures du vagin, du périnée ou du sphincter anal, formation de fistules, douleurs lors des rapports sexuels. Souvent, les éventuelles incontinences urinaires ou fécales se résorbent dans les jours qui suivent.
  • Le bébé peut présenter quelques ecchymoses superficielles, qui disparaissent vite.
  • Parfois, une pression excessive sur le nerf facial entraîne une paralysie faciale, le plus souvent temporaire.
  • Dans de très rares cas, on observe des fractures du crâne ou des complications plus graves, qui relèvent davantage des contextes d’accouchement très difficiles.

La ventouse obstétricale, comment ça marche ?

La ventouse, anneau semi-rigide en métal ou silicone relié à un appareil d’aspiration, se fixe sur la tête du bébé. En créant une dépression, elle adhère au crâne. Le praticien tire doucement sur la poignée, à chaque contraction, pour guider la descente du bébé.

Quand opter pour la ventouse ?

La ventouse entre en jeu pour plusieurs raisons. Le cas de figure le plus courant reste la souffrance fœtale, quand le bébé doit naître rapidement et qu’il est déjà engagé dans le bassin. Là où, sans aide, la poussée peut durer une heure ou plus, la ventouse permet d’écourter le délai de quelques minutes en cas d’urgence.

Le bébé a-t-il mal avec la ventouse ?

Il arrive que le nouveau-né présente une bosse, là où la ventouse a été placée. Ce gonflement, appelé « chignon », disparaît généralement dans les 48 heures, sans laisser de trace ni occasionner de douleur durable.

Et pour la mère ?

La pose de ventouse peut s’accompagner de douleurs, notamment si une épisiotomie ou une déchirure est survenue. D’autres risques existent :

  • Possibilité d’infection en cas d’épisiotomie.
  • Lésions du vagin ou du col si la ventouse est mal positionnée.
  • Douleurs articulaires au niveau du bassin, dues à la posture d’accouchement.

Spatules obstétricales : particularités et indications

Les spatules ressemblent aux pinces, mais elles ne sont pas reliées entre elles. Leur mission : exercer une pression pour faire glisser le bébé, en s’appuyant sur le bassin comme sur un toboggan. Elles n’encerclent pas la tête du bébé, contrairement aux forceps.

Dans quels cas recourir aux spatules ?

Lorsque la tête du bébé, bien placée, peine à descendre, les spatules servent à élargir le passage et à faciliter l’action des contractions utérines.

Le bébé ressent-il quelque chose avec les spatules ?

Quelques traces, griffures, ecchymoses, voire une légère paralysie faciale, peuvent apparaître, mais disparaissent en général sous deux à trois jours. Dans la majorité des cas, la spatule ne provoque pas de douleur notable chez le nourrisson.

Et la mère ?

Avec une anesthésie péridurale, l’usage de la spatule ne provoque habituellement pas de douleur supplémentaire.

Quel impact pour le bébé ?

Le principal risque des instruments obstétricaux concerne le bébé. Appliquer une ventouse sur la tête exerce une pression qui peut entraîner des hématomes, mais ces conséquences restent minimes dans la vaste majorité des situations. L’utilisation prolongée ou répétée de ces outils doit être évitée, afin de limiter les risques de lésions du cuir chevelu ou d’hémorragie. La pince, longtemps la référence, a progressivement cédé la place à la ventouse depuis les années 1980. Si les marques cutanées sont légèrement plus fréquentes avec les forceps, elles sont rarement graves et les saignements ou ecchymoses sont moins courants qu’avec d’autres instruments.

Peut-on utiliser les pinces sans péridurale ?

Si la péridurale n’a pas été posée, une anesthésie locale du vagin et du périnée est proposée avant d’utiliser les forceps.

Des instruments qui augmentent le risque de déchirures vaginales ?

L’utilisation d’instruments obstétricaux peut provoquer des lésions du vagin, telles que des déchirures, en raison de la sortie rapide et non physiologique du bébé. Une technique maîtrisée permet de réduire ces risques au minimum.

L’épisiotomie est-elle systématique avec ces outils ?

L’épisiotomie, intervention de moins en moins pratiquée, reste parfois proposée pour éviter les déchirures sévères du périnée lors d’un accouchement instrumental. Mais elle ne s’impose pas à chaque fois et doit rester réfléchie.

Et si les instruments échouent, quelle est la suite ?

Si l’extraction instrumentale ne fonctionne pas, le praticien opte pour la césarienne, sans insister. L’obstétricien évalue à chaque instant la méthode la plus adaptée au contexte.

Quels soins pour le nouveau-né après l’utilisation de forceps ?

Des marques rouges, souvent aux tempes, peuvent subsister quelques jours. Elles disparaissent spontanément. Certains professionnels recommandent une consultation chez l’ostéopathe après ce type d’accouchement, pour accompagner le bébé dans ses premiers jours.

Et après ventouse ou spatule, même vigilance ?

Dans la plupart des cas, les soins prodigués sont similaires, quel que soit l’instrument employé. Les bébés nés par extraction instrumentale ne nécessitent que rarement une prise en charge spécifique. Les professionnels surveillent simplement leur confort et, si besoin, administrent des antalgiques.

Quels conseils pour la mère après un accouchement instrumental ?

Suite à la pose de forceps, l’incision d’une épisiotomie est souvent plus large et requiert davantage de points de suture. Les recommandations : garder la zone propre et sèche, éviter les stations assises ou debout prolongées pour limiter la pression sur le périnée. L’application de glace aide à résorber les hématomes éventuels.

Et pour la ventouse ou la spatule, même suivi ?

Rééducation périnéale : elle est très souvent proposée après un accouchement instrumental, lors de la visite postnatale. La sage-femme vérifie la cicatrisation de la plaie, notamment après épisiotomie, et prescrit des antalgiques si besoin.

Pourquoi consulter un ostéopathe après un accouchement avec instruments ?

Quand l’accouchement a nécessité un instrument ou une césarienne, la surveillance du bébé est renforcée durant le séjour à la maternité. Consulter un ostéopathe après la naissance favorise le rétablissement du nourrisson et optimise son adaptation à la vie extra-utérine.

Sources :

em-consulte.com

A

Les instruments obstétricaux, encore parfois sources d’appréhension, n’ont rien d’un anachronisme médical. Ils incarnent la réactivité et l’expertise des équipes qui, au fil des années, adaptent leur geste pour offrir aux mères et aux enfants une issue la plus sereine possible. Dans la salle d’accouchement, chaque outil trouve sa raison d’être, et derrière chaque geste, il y a la volonté de donner à la naissance le cours le plus sûr.

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