Astuces efficaces pour expulser le placenta de façon naturelle

Le placenta est un organe essentiel pour le bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement, mais il n’y a pas de tendance à y accorder beaucoup d’attention.

Dans cet article, je vous parle du rôle du placenta pendant la grossesse, son importance dans l’accouchement et comment faciliter sa sortie.

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Dans un prochain article, je vais vous parler de l’utilisation du placenta dans le postnatal.

1. Placenta pendant la grossesse

Dès le début de la grossesse, le placenta prend sa place, véritable trait d’union entre la mère et l’enfant. Tout au long de ces neuf mois, il gère les échanges sanguins, garantissant au bébé tout ce dont il a besoin pour grandir et se développer.

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Le placenta évolue au rythme de la grossesse. Il s’agrandit, s’étend, se fait une place dans l’utérus, c’est d’ailleurs un point scruté lors des échographies du second et du troisième trimestre.

Parfois, le placenta peut se positionner de façon problématique, recouvrant partiellement ou totalement le col de l’utérus. Dans ce cas, le passage du bébé risque d’être compliqué, voire impossible sans intervention.

Jusqu’à la fin, cet organe doit assurer des échanges optimaux. À l’approche du terme, on vérifie régulièrement s’il continue de remplir son rôle, même s’il commence à vieillir ou à se calcifier. Un placenta qui ne fonctionne plus comme il faut peut suffire à déclencher la naissance.

2. Le placenta pendant l’accouchement

Pendant l’accouchement, le placenta reste fidèle au poste. Il continue à alimenter le bébé en énergie et en oxygène, jusqu’à la toute dernière minute.

Une fois le bébé né, le placenta joue encore un rôle : il transmet au nouveau-né le reste du sang et de l’oxygène, essentiels tant que la respiration autonome ne s’est pas installée.

C’est pour cette raison qu’il vaut mieux éviter de pincer et couper le cordon trop rapidement.

⚠️ En maternité, ce point fait débat et toutes les équipes n’acceptent pas d’attendre que le cordon cesse de battre.

En quelques minutes, plus de 30% du volume sanguin du bébé peut encore transiter par le cordon et le placenta. Certains couples préfèrent patienter, laissant le cordon battre jusqu’au bout avant de le couper.

D’autres choisissent d’aller plus loin et laissent le cordon en place jusqu’à ce qu’il tombe naturellement. On parle alors d’option « bébé lotus », une pratique encore confidentielle mais qui séduit certains parents.

3. Protocoles hospitaliers

À l’hôpital, la délivrance du placenta passe souvent inaperçue pour la mère : la sage-femme prend le relais, sans forcément expliquer ce qui se joue à ce moment-là.

Étrange paradoxe : c’est pourtant une étape où l’accompagnement humain pourrait faire toute la différence. Mais, ici, le silence domine.

Le fait de taire cette étape ne fait pas disparaître les risques pour autant. 🤔

Et ils existent. Un placenta qui s’accroche trop à la paroi utérine, ou se décolle partiellement, peut empêcher l’utérus de se contracter correctement et de refermer les vaisseaux sanguins. Le risque ? Une hémorragie sévère.

Pour limiter ces complications, le protocole hospitalier prévoit une dose d’ocytocine synthétique administrée juste après la naissance. Cela stimule les contractions utérines et aide à décoller le placenta.

Tout est minuté : en général, si le placenta n’est pas sorti dans les 30 minutes, l’équipe médicale intervient.

Voici comment les soignants procèdent, selon la situation :

  • Tirer doucement sur le cordon : si le placenta est déjà décollé, il vient tout seul. C’est la méthode la plus douce.
  • Si ça ne suffit pas, le médecin réalise une révision utérine. Sa main entre dans l’utérus pour extraire manuellement le placenta et vérifier qu’il n’en reste aucune partie. Ce geste, très invasif, nécessite souvent une anesthésie si la patiente n’est pas sous péridurale.

Pour ma part, lors de mon premier accouchement, j’ai eu droit à cette révision sous péridurale. Je n’ai rien senti, la dose était forte. Mais ce n’est pas le cas pour toutes : certaines femmes vivent cette intervention dans la douleur.

On peut légitimement s’interroger sur la systématisation de ces gestes médicaux autour de la délivrance du placenta.

4. Faciliter la sortie du placenta

On pourrait se demander : après avoir porté son enfant et accouché, pourquoi la mère ne pourrait-elle pas aussi expulser son placenta naturellement ?

Pourquoi médicaliser à outrance cette dernière étape ?

Bien sûr, surveiller cette phase reste nécessaire. Mais à force de vouloir tout contrôler, on finit parfois par créer les complications que l’on cherche à éviter… notamment certaines hémorragies.

Il faut savoir qu’après la naissance, si la mère a le temps de rencontrer son bébé à son rythme, son cerveau libère un pic d’ocytocine naturelle, le taux le plus élevé de tout l’accouchement.

Ce pic déclenche exactement les contractions nécessaires à l’expulsion physiologique du placenta.

Dans le système hospitalier, la croyance domine que la mère, trop sollicitée ou stressée, ne produira pas ce pic d’ocytocine. On le remplace alors par une injection de Syntocinon, l’ocytocine de synthèse.

Mais comment le cerveau pourrait-il fonctionner pleinement dans une salle animée, où tout le monde parle, s’agite, commente ? Ce moment de rencontre mère-bébé, si précieux, est rarement préservé.

Pourquoi aller accoucher à l’hôpital si cette période-clé n’est pas respectée ?

La question mérite d’être posée… mais c’est un autre sujet.

Au final, l’injection d’ocytocine est devenue la norme, et la mère n’est peu ou pas informée qu’il lui reste une étape à franchir.

Rappeler doucement que la délivrance n’est pas terminée, qu’il reste encore le placenta à expulser, pourrait faciliter cette étape. Rester connectée à ce moment, c’est aussi donner au corps la possibilité d’agir de lui-même.

Et pourtant, on attend, doigts croisés, que le placenta sorte dans les temps, tout en surveillant la montre et le moindre retard.

Si ce n’est pas le cas, la sage-femme intervient, commence par tirer doucement sur le cordon. Si le placenta est décollé mais pas encore sorti, il vient généralement sans difficulté. Mais pourquoi cette délégation systématique ? Peut-être parce qu’il est difficile, pour un soignant, de rester inactif face à l’imprévu.

Lors d’un accouchement à domicile, pas d’ocytocine en perfusion. L’atmosphère est tout autre : la mère découvre son bébé au calme, le pic d’ocytocine surgit naturellement. La sage-femme veille, discrète, et n’intervient qu’en cas de souci.

Quand les contractions reprennent après la naissance, la mère, sans péridurale, sent l’envie de changer de position, souvent de s’accroupir. Une poussée pendant une contraction, et le placenta glisse tout seul. Jusqu’au bout, la femme reste actrice du processus.

Ensuite, il faut vérifier l’intégrité du placenta, une sage-femme saura expliquer comment s’assurer qu’il est complet.

Enfin, place au repos, peau contre peau, avec ou sans placenta encore présent… simplement, sereinement.

La délivrance du placenta n’a rien d’insurmontable. Elle fait partie intégrante de la naissance, et c’est seulement après sa libération que l’accouchement prend réellement fin.

La plupart du temps, cette étape ne requiert pas d’intervention médicale, seulement la vigilance d’une personne formée, capable d’agir rapidement si une hémorragie survient.

Moins on perturbe la physiologie de l’accouchement, moins on risque de complications lors de la délivrance. Respecter le rythme naturel, c’est déjà prévenir.

Si l’injection d’ocytocine est systématique à l’hôpital, c’est parce que le processus physiologique est rarement respecté dans ces conditions.

Et vous, comment s’est passé ce moment pour vous ?

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