Profiter pleinement de sa retraite grâce à des conseils pratiques

Les chiffres ne mentent pas : chaque année, davantage de Français font le choix de s’installer hors des frontières pour savourer leur retraite. Le désir de vivre mieux, sans pour autant se ruiner, guide cette migration. Quitter la France, ce n’est pas renoncer, c’est parfois la seule façon d’aligner budget et qualité de vie. Faut-il s’étonner que tant de retraités regardent ailleurs ? Chez nous, la pension stagne, l’imposition grimpe, et le pouvoir d’achat s’effrite.

Face à ce constat, le Portugal, la Bulgarie, l’île Maurice, la Hongrie et le sud de l’Italie ont gagné en popularité. Ces destinations attirent pour une raison simple : elles offrent un meilleur équilibre entre dépenses, climat, immobilier et fiscalité.

Découvrons pourquoi ces pays sortent du lot.

Tour d’horizon des pays qui séduisent les retraités expatriés

  1. Panorama général
  2. Le Portugal
  3. La Bulgarie
  4. L’île Maurice
  5. La Hongrie
  6. Le sud de l’Italie

À noter : depuis le 9 février 2020, l’exonération fiscale de 10 ans n’est plus accessible aux nouveaux retraités installés au Portugal.

1. Panorama général de la retraite à l’étranger

Les revendications sur le niveau des pensions françaises ne datent pas d’hier. Si la tendance se confirme, une part grandissante de nouveaux retraités envisagera sérieusement de partir s’installer à l’étranger une fois la page du travail tournée.

Pensions modestes, pression fiscale, coût de la vie élevé : la France n’est plus le graal des retraités.

Dans des pays comme le Portugal, la Bulgarie, Maurice, la Hongrie ou le sud de l’Italie, on retrouve une combinaison gagnante : vie courante abordable, immobilier accessible, climat agréable et fiscalité allégée.

Voici quelques éléments à prendre en compte lorsqu’on compare les destinations :

  • Le coût de la vie en France pèse lourd dans la balance

La retraite moyenne s’établit à 1 472 € brut. Sur le papier, cela semble suffisant. Mais confronté aux prix français, ce montant s’évapore bien vite. Rien d’étonnant à ce que de nombreux retraités cherchent à s’installer ailleurs.

S’installer au Portugal, c’est réduire ses dépenses de 34%. En Espagne, l’économie atteint 27%. Le sud de l’Italie se situe entre les deux. Oser partir plus loin, à Maurice, en Bulgarie ou en Hongrie, permet parfois de doubler son pouvoir d’achat. Les candidats au confort pur préfèrent quant à eux le Canada ou les États-Unis, mais ce choix reste minoritaire.

L’immobilier fait souvent la différence. En France, il faut compter en moyenne 2 513 € le mètre carré pour acheter (10 000 € à Paris) et 13 € le mètre carré pour louer (32 € à Paris). Difficile, dans ces conditions, de rivaliser avec les offres de l’étranger.

  • La fiscalité, un motif de départ récurrent

Optimiser ses revenus, transmettre son patrimoine, alléger ses impôts : autant de raisons qui poussent à envisager la retraite à l’étranger. Depuis 2018, la CSG a bondi à 17,2% et l’immobilier reste lourdement taxé malgré le passage de l’ISF à l’IFI. Certains pays, comme le Portugal, tentent d’attirer les retraités avec des régimes fiscaux avantageux et des exonérations temporaires. Le principe de la double imposition, souvent méconnu, peut aussi éviter de payer deux fois les mêmes taxes.

  • Le climat et le cadre de vie : plus qu’un détail

Le soleil et la douceur de vivre ne sont pas réservés au Sud de la France. Mais là-bas, la flambée de l’immobilier met vite un frein aux projets. De nombreux retraités préfèrent alors miser sur des pays au climat similaire, mais où l’accès à la propriété reste possible. Maurice offre même un environnement naturel unique, qui attire les amateurs de plages et de paysages d’exception.

2. Retraite au Portugal

Le Portugal s’impose comme une destination de choix pour les Français tentés par la retraite à l’étranger. Bien sûr, ses spécialités culinaires font rêver, mais la vraie différence se joue sur le coût de la vie, la fiscalité et la douceur du climat atlantique.

  • Le coût de la vie, nettement plus doux

Vivre au Portugal, c’est réduire ses dépenses de 30% par rapport à la France. L’électricité et les transports sont plus chers (100 € par mois pour l’énergie, 30 à 40 € pour les transports, 50 € pour internet et téléphone), mais ces hausses sont compensées par une mutuelle complémentaire à partir de 70 € par mois et des repas au restaurant à moins de 10 €.

L’immobilier reste l’atout maître. Les prix, bien que montés depuis 2013, restent inférieurs aux standards français. À Lisbonne, comptez 2 500 € le mètre carré pour du neuf, 1 500 € pour de l’ancien, jusqu’à 5 000 € dans le centre historique. À Porto, on tombe à 1 600 €. Pour louer, Braga propose des T2 à moins de 450 € par mois. Dans le sud et les grandes villes, il faut prévoir au moins 750 €.

Attention cependant : l’immobilier grimpe vite à Lisbonne et dans ses environs, ce qui limite l’intérêt de la capitale pour les nouveaux arrivants.

  • Fiscalité et autres avantages

Mise à jour récente : le régime d’exonération d’impôts sur 10 ans n’est plus disponible pour les nouveaux expatriés.

Le Portugal a longtemps attiré grâce à un régime fiscal exceptionnel pour les résidents non habituels, permettant d’être exonéré d’impôt sur la pension jusqu’à 10 ans. Ce n’est plus le cas pour les arrivants récents, mais d’autres avantages subsistent : pas d’imposition sur le capital, exonération sur intérêts, dividendes, successions et donations. Des mesures incitatives favorisent la rénovation urbaine, l’investissement immobilier et simplifient les démarches pour acquérir un bien.

Le Portugal, c’est aussi une qualité de vie portée par :

  • Un climat doux toute l’année
  • Un littoral varié
  • Des parcs naturels (Serra da Estrela, Douro, Ria Formosa…)

3. Retraite en Bulgarie

Longtemps perçue comme marquée par son passé communiste, la Bulgarie a su se transformer. Aujourd’hui, elle séduit Britanniques, Russes, Japonais, Américains… et de plus en plus de Français en quête de retraite à l’étranger. Ce qui attire ? Un coût de la vie très bas, une fiscalité légère et un cadre naturel préservé.

  • Des prix défiant toute concurrence

Le salaire moyen bulgare plafonne à 235 €. Autant dire qu’une pension française permet de vivre largement. Le coût de la vie est 50% inférieur à celui de la France. L’immobilier reste la star : à Sofia, il faut 1 000 à 1 200 € le mètre carré pour du neuf ou rénové. À Varna, sur la mer Noire, les prix descendent à 500 €. Pour louer, 468 € suffisent en moyenne dans le centre, 200 € en périphérie. Sofia affiche 636 €, Varna 443 € pour un loyer mensuel au centre.

  • Fiscalité et autres atouts

L’impôt sur les sociétés comme sur les particuliers n’est que de 10%, record de l’Union européenne. De plus, les revenus perçus en Bulgarie ne sont pas taxés en France grâce à des accords bilatéraux. La Bulgarie séduit aussi par ses paysages et son offre touristique :

  • Climat continental agréable de mars à novembre
  • Plages de la mer Noire
  • Stations de ski accessibles
  • Nature et panoramas grandioses
  • Proximité avec la Grèce et les Balkans

4. Retraite à Maurice

Parmi ceux qui rêvent de retraite à l’étranger, nombreux sont les Français qui choisissent Maurice. Difficile de leur donner tort : coût de la vie plus bas, climat tropical, fiscalité souple, et possibilité d’obtenir un visa de résident retraité.

  • Des dépenses mieux maîtrisées

Vivre à Maurice coûte environ 15% de moins qu’en France. Un retraité qui privilégie les produits locaux peut réduire le budget alimentaire d’un tiers. Les carburants sont aussi 15 à 20% moins chers. Internet se limite à 18 € par mois.

L’immobilier, en revanche, limite les ambitions : acheter sous le régime IRS nécessite un investissement de 500 000 $ minimum, ouvrant droit à la résidence permanente 10 ans. Un autre programme, le RE, vise à faciliter l’accès à la propriété, mais impose trois ans de probation avant d’obtenir la résidence.

Résultat, la majorité des retraités optent pour la location : 391 € pour un T3 en périphérie de Port-Louis, 628 € dans le centre.

  • Visa de retraite et fiscalité

Le régime fiscal mauricien attire : 15% d’impôt sur le revenu et sur les sociétés, pas d’impôt sur la fortune, ni sur les dividendes, plus-values ou successions. Il suffit de ne pas être considéré comme résident fiscal en France. L’obtention du permis de séjour « Retraité » impose quelques conditions :

  • Avoir au moins 50 ans
  • Justifier d’un dépôt de 30 000 $ US par an sur un compte bancaire local, trois années de suite
  • Ne pas occuper d’emploi ni percevoir de salaire mauricien
  • Présenter un certificat médical délivré sur place
  • Régler les frais de dossier

Maurice séduit aussi par ses plages, ses paysages, une population polyglotte (français, anglais, créole) et un système de santé performant. Mais attention, l’immobilier haut de gamme dépasse les 400 000 €, et le coût du transport reste élevé. Maurice séduit donc surtout les retraités disposant d’un bon capital.

5. Retraite en Hongrie

Autre pays d’Europe de l’Est qui s’impose, la Hongrie offre un profil proche de celui de la Bulgarie, tant sur les dépenses courantes que sur l’accès à la nature. Le coût de la vie y est tout de même 20% plus élevé qu’en Bulgarie, et la fiscalité s’avère moins avantageuse, mais d’autres attraits compensent.

  • Des prix accessibles, surtout hors de Budapest

Le salaire mensuel moyen s’établit à 456 €, soit 76% de moins qu’en France. Les produits du quotidien restent abordables : transport à 1,06 €, pain à 0,54 €, bouteille d’eau à 0,29 €, minute de communication mobile à 0,12 €, jeans à 54 €, billet de cinéma à 4,60 €.

L’immobilier reste attractif : à Budapest, louer un T1 coûte 500 €, un T3 monte à 1 000 €. En périphérie, les prix tombent à 400 € pour un T1, 600 € pour un T3. Acheter un T2 à Budapest revient à 20 000 €, une petite maison autour du lac Balaton à 100 000 €. Les prix ont augmenté ces dernières années, mais demeurent nettement inférieurs à ceux de la France.

  • Fiscalité hongroise

Après 183 jours sur place, la fiscalité locale s’applique : 15% d’impôt sur le revenu, 18,5% de charges sociales. Cela représente un tiers du revenu, mais certaines exemptions existent selon la situation familiale. La TVA s’élève à 22%, sauf pour les produits de première nécessité. À noter, les gains immobiliers sont exonérés d’impôt après 5 ans de détention.

La Hongrie attire grâce à :

  • Sa capitale verte, Budapest
  • Les activités variées autour du lac Balaton
  • Ses thermes renommés (Kiraly, Eger…)
  • Un patrimoine de châteaux remarquables (Grassalkovich, Fertod, Festetics…)

6. Le sud de l’Italie : nouvel eldorado des retraités ?

Pour qui cherche la dolce vita, la Botte offre une alternative crédible. Contrairement aux idées reçues, le sud de l’Italie permet de vivre mieux qu’en France, à budget égal. Cette promesse attire de plus en plus de Français en quête de soleil et de qualité de vie.

  • Des prix abordables, surtout dans les petites villes

À l’échelle du pays, le coût de la vie rappelle celui de la France. Mais dans le sud, les notes au restaurant s’allègent (1,45 € le cappuccino, 5,20 € le paquet de cigarettes) et le pouvoir d’achat grimpe de 15 à 30% dans les villes côtières de moins de 20 000 habitants. L’immobilier reste très accessible : pour 65 000 à 90 000 €, il est possible d’acheter une maison ou un appartement. La location, quant à elle, tombe sous les 600 € mensuels.

  • Des incitations fiscales attractives

Le sud de l’Italie n’attire pas seulement pour ses prix doux. Depuis 2019, la fiscalité sur les pensions et autres revenus étrangers est limitée à 7%, à condition de s’installer dans une commune de moins de 20 000 habitants (Sardaigne, Calabre, Sicile, Campanie, Molise, Pouilles, Abruzzes, Basilicate). Cette mesure, valable cinq ans par retraité, ne concerne pas les revenus issus de la fonction publique française.

Autres avantages : pour les grandes fortunes, un plafonnement annuel de l’impôt à 100 000 € sur les revenus étrangers, pendant 15 ans. Les droits de succession sont exonérés jusqu’à un million d’euros, puis plafonnés à 4% au-delà, bien en dessous des taux pratiqués ailleurs. Les transferts de biens étrangers ne subissent aucune taxation.

Le sud de l’Italie, c’est aussi une invitation à savourer une gastronomie généreuse et des paysages à la beauté intacte. S’installer dans ces régions, c’est s’offrir un quotidien à la fois serein et accessible.

Il paraît évident que dans les décennies à venir, les retraités d’Europe du Nord, France en tête, opteront massivement pour le Sud et l’Est du continent. Le soleil, la qualité de vie, la perte de pouvoir d’achat en France : tout pousse à s’installer là où l’euro pèse plus lourd.

Anticiper son achat immobilier devient alors un choix stratégique, car les prix dans ces pays ne resteront pas indéfiniment aussi abordables.

Destinations à privilégier selon votre profil :

Dans l’Est, Bulgarie et Hongrie sortent du lot : Sofia ou Varna (Bulgarie) pour les budgets serrés, Budapest ou le lac Balaton (Hongrie) pour ceux qui veulent encore s’offrir un peu de marge.

Dans le Sud, le sud de l’Italie (y compris la Sicile) conjugue qualité de vie et fiscalité incitative. Le Portugal, longtemps roi des expatriés, reste attractif mais devient cher à Lisbonne et sur la côte.

Hors Europe, Maurice attire les retraités disposant d’un patrimoine solide, prêts à investir pour obtenir leur place au soleil.

Et pourquoi pas viser plus loin ? Bali, par exemple, combine coût de la vie réduit et opportunités immobilières.

Besoin d’un conseil ou d’un accompagnement pour préparer une retraite à l’étranger ? N’hésitez pas à me solliciter via le chat ou le formulaire en bas de page.

Dans dix ans, les plages méditerranéennes et les cités animées de l’Est pourraient bien résonner d’accents français. Qui sait, votre prochain apéritif au soleil se fera peut-être sur une terrasse de Varna, une place de Palerme, ou au bord du lac Balaton ?

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